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M2R Psychanalyse et Médecine

(directeur : F. Benslama)

La spécialité« Psychanalyse et médecine » du Master Recherche de psychologie est conçue aux croisements de la psychanalyse et de la médecine, avec deux parcours :

1- Psychanalyse et médecine scientifique 2- Psychopathologie, phénoménologie et criminologie

Cette spécialité s’appuie sur l’Equipe d’Accueil (EA) : Centre de Recherche Psychanalyse et Médecine, (CRPM) dirigé par le Pr Alain Vanier.

La spécialité est co-habilitée avec l’Université Paris-Descrates (UFR Necker). Elle est co- dirigée par le Pr. Fethi Benslama et le Pr. Bernard Golse.

Le Master Recherche se prépare en un an et son obtention peut donner accès à la préparation d’une thèse dans le cadre de l’Équipe d’Accueil doctorale du CRPM. La préparation du Master Recherche est ouverte aux étudiants docteurs en médecine (5ème année validée), en psychologie (master 1) et à ceux d’autres cursus par dérogation exceptionnelle.

Secrétariat des Masters Recherche : Mme Sophie Ben Moussa Tél. : 01 57 27 63 70 deamast@univ-paris-diderot.fr

UFR SHC UFR Sciences Humaine Cliniques Université Paris 7 - Denis Diderot 26, rue de Paradis B.P 120 75463 Paris Cédex 10. PRESENTATION

Cette spécialité du Master Recherche en psychologie poursuit l’ancien DEA « Médecine scientifique psychopathologie et psychanalyse » qui avait inauguré l’entrée à l’Université de recherches impliquant conjointement médecine et psychanalyse, non seulement sur le plan thématique, mais aussi sur le plan institutionnel, puisqu’il associe des enseignants-chercheurs de psychopathologie et des enseignants-chercheurs de médecine. Les pratiques développées sur le terrain depuis une quarantaine d’années trouvent désormais la possibilité d’un rapprochement des critères de recherches tels que l’Université tente de les promouvoir.

Au cours de ces dernières années, la rapide évolution des techniques médicales a considérablement transformé les pratiques en médecine. La maîtrise des techniques permet aujourd’hui aux praticiens de répondre à des demandes de conception, de maintien en vie et de réparation de plus en plus hardies. Si l’offre technologique contribue pour une large part à créer l’attente, à susciter la demande et à fournir des soins de plus en plus sophistiqués, elle rend aussi les patients et leurs familles plus exigeants, et plus difficiles à satisfaire. Il ne suffit pas de dire qu’il s’agit d’une prise de parole au nom du droit de savoir et du droit à la santé. Du fait des avancées scientifiques et de l’engagement de la société, tant au niveau de la bioéthique qu’au niveau de la justice, la profession médicale connaît de profondes modifications dans sa pratique soignante comme dans sa pratique relationnelle, en institution et en privé.

Cette spécialité du Master Recherche repose sur ces nouveaux enjeux de la médecine. Renouvelées par les progrès techniques, les problématiques psychiques qui viennent au jour n’entrent pas dans les catégories définies par la psychosomatique ou par la psychologie médicale. Ainsi, on voit surgir des symptomatologies inattendues aux différentes phases de l’intervention médicale, nommément à l’occasion du diagnostic, dans la phase active des traitements et dans ses suites, souvent plus complexes que prévu. D’autre part, dans le contexte de la médecine et de ses approches thérapeutiques, la biologie moderne modifie les représentations des mécanismes de fonctionnement du corps liée à la connaissance de nouvelles stratégies cellulaires.

Sur le plan institutionnel, de nombreux médecins, hospitaliers ou libéraux s’adjoignent les services d’un psychologue, d’un psychiatre ou d’un psychanalyste. Ainsi des consultations en binôme se constituent parallèlement à la mise en place de collaborations sur le terrain ou en ville. On découvre que les productions fantasmatiques, prenant la réparation et la perspective de guérison pour objet et pour support, sont susceptibles d’accompagner ou de mettre en échec telle ou telle étape d’une médecine à succès techniques. Ces productions dont les incidences sur le devenir du corps sont notables ne prennent sens et ne deviennent accessibles qu’à être référées à la psychanalyse. Cependant, les initiatives de collaboration, aujourd’hui de plus en plus nombreuses, doivent être examinées sous l’angle de la recherche, telle qu’elle se pratique dans un Master Recherche.

La psychiatrie de liaison représente un outil précieux pour une transdisciplinarité authentique entre soignants du corps et soignants de la psyché. L’analyse approfondie de son fonctionnement et de ses dysfonctionnements éventuels a valeur de moyen de compréhension de ce qui se passe au niveau du patient lui-même quant aux processus d’intégration psychiques et somatiques. La psychiatrie elle- même n’échappe pas aux changements qui touchent la médecine (chimiothérapies, etc.). Les abords psychanalytiques et psychopathologiques des psychoses de l’adulte et de l’enfant s’en trouvent remaniés.

Au cours des huit dernière années (ce qui représente deux contrats quadriennaux), cette spécialité du Master a connu un développement important, tant sur le plan de la demande par les étudiants et les professionnels qui souhaitent s’engager dans la recherche, que sur le plan de la participation des chercheurs qui ont rejoint le Centre de Recherche Psychanalyse et Médecine (CRPM), lequel constitue l’équipe d’accueil (EA) sur laquelle s’appuie cette spécialité. Il s’en suivit un élargissement du champ exploré et l’émergence de nouvelles articulations que ce soit avec la dimension proprement sociale, ou bien avec d’autres spécialités du domaine médico-psychologique. Des approches qui connaissent aujourd’hui un regain de vigueur, telle que la perspective phénoménologique en psychopathologie, ont pu trouver également leur place dans ces recherches fondamentalement multidisciplinaires.

Ainsi en est-il des perturbations actuelles du lien social dans une perspective psycho- criminologique. On sait que de nombreux sujets en situation de déshérence et de crise sociale (adolescents violents, adultes menacés par l’exclusion sociale, sujets traumatisés par des désorganisations familiales, des migrations et des conflits socio-politiques) traduisent en effet, par une symptomatologie psychotique et/ou psychopathique (délinquance, psychopathie, toxicomanie, alcoolisme, états dépressifs graves, recours à l’agir et au délire) leur propre déliaison psychique. Une meilleure connaissance de ces phénomènes et mécanismes peut contribuer aux nécessaires prises en charge.

Plus largement, l’évolution des techniques et de la pratique médicales est l’une des expressions les plus manifestes de l’avancée du discours de la science dans notre monde et de ses effets sur la subjectivité moderne. Ces effets sont particulièrement sensibles pour des populations provenant (ou dans) des pays où l’incidence des retombées culturelles de la science est moins marquée que dans le nôtre. Ils appellent une clinique attentive à la diversité culturelle, sans céder sur la dimension métaculturelle de la structure. L’ensemble des transformations qui affectent la subjectivité nous conduit à interroger les modèles métapsychologiques et les catégories qui orientent les pratiques et les savoirs. Aussi, une part conséquente des recherches concerne les problèmes épistémologiques de construction des objets, la dépendance des phénomènes cliniques de la méthode qui les fabrique, les prescriptions qui conditionnent les énoncés théoriques des événements.

Une place revient à l’incidence de l’éthique médicale sur le devenir des relations entre les médecins et leurs malades ainsi que sur la participation du psychisme dans l’évolution de la maladie et de ses traitements. La question, de plus en plus prégnante dans la société, dans les institutions hospitalières et dans les familles, de l’information donnée au malade et du consentement éclairé, accentue la pertinence de la collaboration entre médecins et psychanalystes. Les exigences politiques et idéologiques que formule aujourd’hui la société exercent une influence notable sur la construction par le sujet de sa maladie, de ses traitements et de son devenir, en termes de projet préconçu de guérison. Dans ce contexte, le problème de la responsabilité se pose à plusieurs niveaux : celle du médecin, que la société aujourd’hui a tendance à mettre en position d’accusé, celle du psychanalyste vis-à-vis des soignants et des soignés, et celle des familles : le malade lui-même et ses proches dont on oublie trop aujourd’hui qu’ils tiennent une part importante, le plus souvent à leur insu, dans le décours de la maladie et dans l’instauration des processus de guérison.

C’est en ce sens que l’apport de la phénoménologie, qui a historiquement marqué l’approche subjective de « l’homme malade » et de la relation des soignants à « la maladie du malade », aura toute sa place, en liaison avec un réseau de chercheurs sur le plan national et international.

Le développement de cette spécialité du Master recherche nous a conduit à concevoir deux parcours relativement autonomes, l’un poursuit l’initiation à la recherche telle que la spécialité l’avait inauguré, il s’intitule « Psychanalyse et médecine scientifique ». Le second parcours met en œuvre une nouvelle articulation entre « Psychopathologie, phénoménologie et criminologie ».

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