« L’image en médecine. Les enjeux psychiques de l’imagerie médicale »

L’image en médecine. Les enjeux psychiques de l’imagerie médicale »

Journée d’études du CRPM (Centre de recherche Psychanalyse et Médecine), coordonnée par le Professeur Danièle Brun, Céline Masson et Rémy Potier.

avec la participation de :

Jessica Vaturi, Pr. François Dagognet, Pr. Paul-Laurent Assoun, Pr. Francis Brunelle, Pr. Hervé Castanet, Catherine Desprats-Péquignot, Pr. Daniel Sidi, Roger Bessis, Michel Soulé, Pamela Igwe, Pr. Didier Truchet, Sylvain Missonnier, Rémy Potier

Contact

imagemed@ed-psycha.org

Argument

Les progrés actuels de la médecine et des nouveaux dispositifs technologiques modifient considÈrablement ce quíon nomme líexamen clinique et la relation de soin engagée entre un médecin et un patient. Les techniques lées à l’image sont un puissant révélateur de líintérieur du corps qui dévoilent dés lors et de manière inédite ce qui demeurait voilà peu, obscure et énigmatique. L’examen clinique (écoute du patient et de ses symptômes, observation, palpations.) représentant la voie royale d’accès à la compréhension des troubles et à l’établissement du diagnostic-pronostic-thérapeutique. Ces nouvelles technologies tendent à se substituer à la main et à l« oeil du médecin et questionne díemblée la relation de soin. L’imagerie médicale exploite à profit les techniques de simulacre que líinformatique rend désormais possible pour réaliser ce que l’on nomme dans ce cadre la réalité augmentée . Nous voyons depuis quelques années accroître le nombre d’examens médicaux par l »utilisation de l« image (IRM, scanner, échographies en 3D) et notamment dans le cadre des échographies anté-natales qui connaissent une véritables révolution puisqu’il est possible de visualiser le fútus en 3D c »est-à-dire de donner une image au plus prés de la réalité. Mais voilà qu’en est-il de cette réalité de l’image, doit-on la prendre à la lettre et en faire une ’ image-vérité, conforme à la réalité ? Qu’en est-il de l’écart nécessaire entre l’image et ce qu’elle représente ? L’image, véritable ’ piège à regard, sidère et capte celui qui aventure son regard au risque d’être ébloui, fasciné mais aussi inquiété car elle est le lieu du rÍve et des fantasmes, lieu encore de la jouissance. C’est bien cette image qui síinterpose entre le médecin et le patient.

Il semblerait que les interprétations ou lecture faites par les médecins des images ne laissent plus place à l’énigme et au doute mais font de l’image un outil puissant de révélation de l’impossible. L’image devient le réel qui sert alors de support diagnostic sans faille pour peu quíelle veuille bien ’ tout ª montrer. Nous faisons face aussi à l’angoisse actuelle des échographistes qui n’ont plus le droit à l’erreur au risque de procés engagés par les patients eux-mêmes. Les médecins doivent tout voir et tout savoir, techniques à l’appui. Quid alors de l’écart entre image et réalité ? de l’énigme et du doute propre à l’humain ? Peut-on tout voir par les nouvelles images qu’utilise la médecine ? Et la part de l’invisible dans le visible ? Autant de question que nous aborderons avec les médecins, philosophes et psychanalystes invités qui interviendront selon un dispositif choisi (interventions en binomes : médecin-psychanalyste. Cette journée se déroulera en deux temps : une matinée consacrée aux images dans le champ médical et l’aprés-midi abordera plus spécifiquement l’échographie anténatale : ses enjeux, ses conséquences sur l’imaginaire des parents à se représenter leur futur enfant et la responsabilité grandissante des médecins face à l’angoisse.

Connexion