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Conférences exceptionnelles d’enseignement doctoral « Philosophie et psychanalyse »

Conférences exceptionnelles d’enseignement doctoral

« Philosophie et psychanalyse »

Les 11-12, 18-21 et 25-26 mars 2013

Bâtiment Olympe de Gouges

Par le professeur Joël Birman (UFRJ) et Olivier Putois (post-doc CRPMS).

Série 1 : Philosophie et métapsychologie Joël Birman, Psychanalyste & professeur à l’UFRJ (Rio de Janeiro)

Organisateur du colloque de Rio sur subjectivation et montages corporels dans la contemporanéité (23-25 mai 2013)

Il s’agira de parcourir certains sujets de l’épistémologie de la psychanalyse – surtout chez Freud et Lacan – pour essayer d’articuler quelques points de repère sur la philosophie et la métapsychologie. La 1re intervention sera centrée sur les rapports entre Freud et la philosophie, en remarquant quelques résonances de cette lecture sur la philosophie contemporaine. Ensuite, dans la 2nde intervention, on soulignera la question de la matérialité et du matérialisme chez Freud pour penser de quelle sorte de matérialisme il s’agit dans le discours freudien. Enfin, la 3e intervention interrogera la question du paradigme en psychanalyse selon la conception de Thomas Kuhn pour penser l’existence des différents paradigmes en psychanalyse, et leur incomparabilité – aussi bien du point de vue épistémologique que du point de vue clinique.

Lundi 11/03, 18/03 et 25/03 de 17h à 20h, salle 115 au bâtiment Olympe de Gouges

Série 2 : Vision et regard chez Merleau-Ponty et Lacan

Olivier Putois

Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Lyon (philosophie), agrégé et docteur en philosophie de l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne Chercheur post-doctorant LabEx « Who Am I ? »

Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société

Université Paris Diderot

Dans cette série, on se propose de revenir sur la critique lacanienne du traitement du regard et de la vision proposé par le phénoménologue Merleau-Ponty au tournant des années 1960. Cette critique est aujourd’hui l’objet d’un intérêt renouvelé, aussi bien chez les philosophes que chez les psychanalystes (Duportail ; Baas ; Ayouch ; Letellier ; etc.), notamment en raison de l’influence (explicitement indiquée par Lacan) de Merleau-Ponty sur la constitution de la notion d’objet a tel qu’il peut se manifester comme regard. Reste à préciser la nature de cette influence. Notre objectif, à visée épistémologique, sera de montrer l’effet de déplacement conceptuel induit par la discussion lacanienne de Merleau-Ponty, qui considérait la vision de manière phénoménologique, c’est-à-dire en partant d’une relation primitive du sujet au monde par l’entremise de son corps. Dans le cadre de cette relation primitive, qu’il appelle « narcissisme charnel », voir signifiera reconnaître par la réflexion que ce qui apparaît d’abord comme le regard que le monde porte sur le sujet est en réalité le reflet de sa propre vision. Dès lors, le sujet est en réalité à l’origine de la constitution du monde – il le fait littéralement apparaître -, suivant une relation que Merleau-Ponty appelle intentionnalité charnelle, ou corporelle, et qu’il décrit en s’appuyant sur la pratique picturale de Cézanne, Klee et Matisse (L’œil et l’esprit ; Notes de cours 1958-1961 ; Le visible et l’invisible). La critique lacanienne, de nature conceptuelle, découle des implications de la clinique de la psychose. Alors qu’on pourrait penser (comme une partie de la littérature contemporaine sur cette question) que le cadre théorique de la description merleau-pontyenne de la vision est directement congruent avec l’expérience psychotique où le sujet se sent regardé de toutes parts par un monde « omnivoyant » (Séminaire XI) - que ce soit dans la schizophrénie ou la paranoïa, sur des registres différents -, Lacan indique dans une phrase célèbre du Séminaire XI que Merleau-Ponty a manqué le conditionnement inconscient de la vision (c’est-à-dire son ancrage premier au champ de l’Autre). En effet, Merleau-Ponty méconnaît que la vision est conditionnée par le refoulement du regard que le monde porte sur le sujet : il s’agit non pas de ressaisir ce regard comme le sien – à l’image de ce que propose Merleau-Ponty -, mais au contraire de faire le deuil de la retrouvaille du regard de l’Autre, qui incarne l’objet a, pour que puisse s’y substituer le champ scopique. Sans cela, on ne se donne pas les moyens de distinguer vision et hallucination ; alors que muni de cette distinction, on peut produire une véritable « théorie de la manifestation » (Séminaire X), qui ressaisisse la vision au primat du signifiant, c’est-à-dire comme pulsion. Déplier les attendus et les conséquences de cette critique conceptuelle permettra notamment de revenir, en les précisant, sur les notions de rapport à la réalité et à l’objet, de distinction névrose/psychose, de narcissisme, de satisfaction hallucinatoire, et notamment sur les concepts d’objet a et de stade du miroir, telles que Lacan a pu les repenser à cette période charnière de son enseignement, autour de cette discussion sur la vision. On essaiera de se pencher, en cours de route et si le temps le permet, sur la relation entre cette position et la thématisation du rôle du regard maternel chez Winnicott, et sur le continuum hallucination-perception tel que le thématisent les freudiens A. Green et G. Lavallée, notamment au moyen du concept d’hallucination négative.

Mardi 12/03 de 17h à 20h, salle 115 à Olympe de Gouges ; le Jeudi 21/03 de 17h00- 20h00, salle 127 à Olympe de Gouges ; mardi 26/03 de 17 à 20h, salle 115 à Olympe de Gouges.

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