Colloque interdisciplinaire : FOULES EN EFFET(S)

Colloque interdisciplinaire

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Paris, 4 et 5 octobre 2013

Tram/IIAC CNRS/EHESS et CRPMS, Université Paris VII Diderot, département de Psychanalyse, IHP.

Comité d’organisation : Fethi Benslama, Marie Ladier-Fouladi, Laurie Laufer, Sophie Wahnich

Argument

La psychanalyse depuis Freud, en particulier dans ses pratiques théoriques, peine à penser une foule qui ne serait pas cruelle, peine ainsi à penser une articulation possible entre les processus d’identification qui fondent la foule et les processus d’émancipation des phénomènes révolutionnaires. Les événements de l’hiver, du printemps et de l’été 2010-2011 en Tunisie, en Egypte, en Syrie ont montré des foules qui encourraient les risques d’une répression violente sans pour autant activer une quelconque violence destructrice en regard. Bien au contraire ces foules révolutionnaires ont montré qu’elles agençaient des articulations complexes entre individus et collectifs dans une horizontalité où les figures de leaders n’étaient jamais fixées et où la violence était constamment déjouée. Ces foules révolutionnaires, loin des stéréotypes issus de Taine reconduits par une certaine psychologie des foules, n’étaient pas des foules massacrantes. En tant que telles elles appellent à questionner à nouveaux frais ces stéréotypes et leur fondements théoriques. Cette question de la foule massacrante ou émancipée et pacifiée pose d’une manière frontale une question centrale et pour l’histoire et pour la psychanalyse. Quelles sont les conditions pour qu’advienne en situation, une compétence sociale ou individuelle, dans l’un et l’autre cas subjective, de ce qu’on pourrait appeler la retenue de la cruauté et partant de là des effets de foule émancipateurs ? Dès le XVIIe siècle, face aux effet dévastateurs de l’enthousiasme religieux des foules, Shaftesbury avait conseillé non de s’en débarrasser mais de le contrôler par des arts de faire avec : le mot d’esprit ou humour britannique, mais aussi la segmentation des foules en groupes plus restreints, la multiplicité des objets d’identification de manière à ne pas concentrer dans un seul idéal la compétence à faire lien par l’idéal. Dans tous les cas, son objectif était bien de retenir la cruauté de l’enthousiasme. A l’articulation de situations ou de contextes historiques spécifiques, -les révolutions d’Angleterre, la Révolution française, les révolutions du monde arabe contemporain-, et de la psychanalyse dans sa dimension théorique et pratique, ce colloque aimerait explorer ces manières de retenir la cruauté, et reconsidérer les effets de foules, les « foules en effets ».

Les communications de ce colloque s’inscrivent aux croisements disciplinaires de l’histoire, de la psychanalyse, de la sociologie, de la philosophie et de l’anthropologie dans la série de thèmes de réflexion suivante :
- Foules entre sublimation et abjection enjeux théoriques et phénomènes historiques, foules libérantes, enfermantes, aliénantes, instituantes, destituantes…
- L’utopie égalitaire de la foule.
- Désir de vivre et risque de mourir, la sacralité de la vie, humour, musique et danse dans les phénomènes de foule.
- La figure du leader et de l’identification, l’insurgé/ insurgeant, l’émeutier, le militant, quel partage du temps et de l’espace ? Quelle puissance de renversement de la foule ?

Vendredi 4 octobre 2013

Amphithéâtre Buffon

Session 1 : 9h30-12h30

Présidence : Laurie Laufer, Psychanalyse, Professeure, Paris VII

9h30-10h

Fethi Benslama , Psychanalyse Professeur, Paris VII,

Le temps et l’identification, la pluralisation des états de la foule dans les printemps arabes

10h-10h30

Marie Ladier, Sociologie, directrice de recherche CNRS, équipe Tram de l’IIAC

Le « Mouvement vert » de 2009 en Iran : Foules spontanées ?

10h30-11h

Déborah Cohen, Histoire, maitresse de conférence, Aix-en-Provence

« Germinal-Prairial an III : violence et retenue de la violence ».

Pause : 11h-11h15

Débat : 11h15-12h30

Session 2 : 14h-17h

Présidence : Sophie Wahnich, Histoire et Science politique, directrice de recherche CNRS équipe Tram de l’IIAC

14h-14h30

Clara Chevalier, Histoire, doctorante, EHESS, CRH et Tram La violence de la foule comme construction politique. Une analyse de la répression de deux émeutes parisiennes au XVIIIesiècle

14h30-15h

Pierre Cornu, Histoire, Professeur, Lyon III

Figures et théories de la jacquerie dans la France rurale du 19e siècle : une passion historiographique.

15h15h30

Laurie Laufer, Psychanalyse professeure, Paris VII

Le rire des féministes, effets de foules mises en scène

15h30-15h45

Pause

15h45-16h45

débat

17h15- 18h30

Table ronde : Le masculin et le féminin dans l’économie de la foule Avec la participation d’Alain Vannier

Samedi 5 Octobre 2013

Amphithéâtre Buffon

Session 3 : 9h30-12h30

9h30-10h

Sophie Wahnich, Histoire et Science politique, directrice de recherche CNRS équipe Tram de l’IIAC

Le courage et l’enthousiasme comme effets de foules, modernité (XVII et XVIIIe siècle) et actualité.

10h-10h30

François Villa, Psychanalyse, Professeur, Paris VII

La panique essence de la foule ?

10h30-11h

Marc Deleplace, Histoire, maitre de conférence, Paris Sorbonne

La foule révolutionnaire à l’école de la République (1870-1940) : défoulement ou refoulement ?

11h-11h15

Pause

11h15-12h30

Débat

Session 4 : 14h-17h

14h14h30

Sarah Ben Nefissa, Sociologie, directrice de recherche IRD

Témoignages sur la révolution égyptienne ou comment les « foules » se constituent.

14h30-15h

•Bernard Bass , Philosophie, professeur de khâgne

la foule philosophique

15h-15h30

Richard Rechtman, Psychanalyse et anthropologie, Directeur d’étude EHESS

De la plainte à la revendication

15h30-15h45

Pause

15h45-16h45

débat

17h15- 18h30

Table ronde : Temporalité et formes des foules contemporaines avec la participation de Jacques Revel

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