Axe Genre, normes et psychanalyse (L. Laufer)

Masculin et féminin est la première différenciation que vous faites quand vous rencontrez un autre être humain, et vous êtes habitués à faire cette différenciation avec une certitude exempte d’hésitation. […] En psychanalyse, en clinique d’une façon générale, l’immense majorité, voire la totalité des « observations » pose de façon irréfléchie au départ : « il s’agit d’un homme de trente ans ; ou d’une femme de vingt-cinq, etc. » Le genre serait-il vraiment a-conflictuel au point d’être un impensé de départ ? Jean Laplanche

En dépit du fait que ce soit un psychologue qui ait inventé le terme « gender » (John Money) dans la clinique des intersexués et transsexuels, la psychologie clinique et la psychanalyse se sont trouvées plus rétives, plus hésitantes à penser avec ce nouvel outil épistémologique.

Penser la psychanalyse avec le genre et la biopolitique (l’analyse des normes d’une époque donnée) s’est aussi reconnaître que la clinique comme la théorie analytique s’est vue retravaillée par l’apport de la french theory. Avec Foucault, Deleuze, Derrida, Kristeva, Cixous, J. Butler, J. Scott, T De Lauretis… (qu’il est donc convenu de nommer la french theory), la psychanalyse a été revisitée de l’intérieur et de l’extérieur. Les fondements que sont la différence des sexes, la bisexualité ont été historicisés, réagencés, remis en perspective. Penser les catégories qui apparaissent – à tort - immuables et anhistoriques, tel est l’intérêt de la méthode du genre (gender). Remettre du conflit, de l’instable, de l’hésitation, de l’intranquillité dans les façons d’appréhender les différences homme/femme, les polarités féminin/masculin, les hiérarchisations sociales, les identités, les faits dits « naturels », ou encore les usages et les normes des approches disciplinaires, tel est ce que permet le genre, en particulier par une analyse discursive interrogeant les frontières imaginaires.

Avec l’outil qu’est le genre et l’analyse des discours normatifs, il n’est pas seulement question d’un intérêt épistémologique et théorique d’une psychanalyse en extension , il y a aussi une visée pratique de la clinique. Pas uniquement la clinique des transsexuels et/ou des intersexués, mais cela pose de très nombreuses questions, notamment les questions générales de filiation, de procréation médicalement assistée, les questions d’identité de genre, d’identité de sexe et du biopolitique.

Un séminaire sera animé par Laurie Laufer (Pr Université Paris 7, UFR EP) et Pascal Molinier (Pr Université Paris 13, UTRPP)

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