Freud, la Mort et la Psychanalyse

Séminaire

Freud, la Mort et la Psychanalyse

le vendredi une fois par mois de 18 à 20H à Lille 3

Maison de la recherche, salle F013

entrée libre

Argumentaire (Rosa Caron, MCF-HDR psychopathologie, lille3/CRPMS Paris Diderot)

Si la mort est omniprésente chez Freud, Freud maintes fois traversé, voire hanté par la mort, les développements théoriques qu’il nous a laissés restent encore aujourd’hui insuffisamment explorés. Nul doute que la mort et les morts continuent de faire peur, ce que Freud avait souligné en 1923, lorsque dans Totem et Tabou il écrit : « nous savons que les morts sont des dominateurs puissants, et nous serons peut-être étonnés d’apprendre qu’ils sont aussi considérés comme des ennemis ». Aujourd’hui, dans un contexte médical et socio-culturel en pleine mutation, la mort est désignée comme un véritable problème que s’approprie la science dans un discours qui prône une vie sans douleur et sans souffrance. Alors qu’elle était du côté de l’Etre, véritable mystère au caractère voilé il y a quelques décennies, la mort est aujourd’hui, de plus en plus médicalisée : on parle de mort cérébrale, de mort biologique, de mort cellulaire ou corticale ; la mort naturelle est aujourd’hui écartée pour montrer les morts les plus spectaculaires et les plus surprenantes. Au creux de ce discours, magnifiant le Moi livré à l’immédiateté de ses besoins, fasciné par son image et consommateur d’éphémère mais en quête perpétuelle d’immortalité, la personne âgée, par exemple, fait l’objet d’un glissement hors du champ symbolique, car elle déroge aux valeurs centrales de modernité : la jeunesse, la séduction, la vitalité, le travail, et apparaît comme l’incarnation du refoulé. Rappel de la précarité, de la vulnérabilité et de la fragilité de la condition humaine, elle est le visage même de l’altérité absolue (Le Breton, 1990). En toile de fond, ce sont les questions les plus existentielles que les mutations sociales laissent en suspens pour éviter la confrontation à la mort. A des questions théoriques, voire éthiques, à des considérations philosophiques et métaphysiques s’associe également la clinique de ceux qui, confrontés à la fin de leur vie, se trouvent identifiés à elle et deviennent ainsi objets du discours médical. La mort reste une abstraction, le non-inscrit dans le symbolique, autrement dit dans le champ du désir mais c’est pourtant ce qui permet à ce dernier de voir le jour. La mort, « concept abstrait au contenu négatif » dont le travail antagoniste est au coeur de la situation analytique surgit, dans bon nombre de manifestations psychopathologiques ou symptomatiques. Telles seront les pistes de réflexions que nous continuerons à explorer pour cette quatrième année consécutive à l’Université de Lille3 à partir des regards croisés de la psychologie, de la littérature, de la médecine, de la philosophie, de l’anthropologie et de la psychanalyse.

Programme 2015

  • Vendredi 9 janvier 2015 à 18H : Régis Dericquebourg, MCF-HDR psychologie, Lille3/CNRS. Freud et la religion
  • Vendredi 6 février 2015 à 18h : Anne Boissière, Professeure d’esthétique et de philosophie de l’Art, CEAC Lille3. Marion Milner et les dessins spontanés.
  • vendredi 13 mars 2015 à 18h : Francis Moreau, pédopsychiatre et praticien hospitalier ; Mons en Baroeul, Villeneuve d’ascq. Existence et finitude : l’être pour la mort chez Heidegger .
  • vendredi 10 avril 2015 à 18h : René Coucke, psychanalyste, psychiatre . "Pauvre Stracci… Il a fallu qu’il meure pour qu’on s’aperçoive qu’il était vivant" Extraits de La Riccotta de Pasolini
  • vendredi 4 juin 2015 à 18H : Jean-Yves Deshuis, philosophe, psychologue clinicien. Paul Ricoeur, lecteur de Freud
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