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« Faire œuvre …ou pire »

Colloque international du CRPMS

Les 2 et 3 octobre 2015

ARGUMENT

Si un sujet privilégie habituellement une modalité d’écriture, Vélimir Khlebnikov a non seulement produit une œuvre poétique majeure, tenté une écriture mathématique du monde mais aussi cherché à construire l’algèbre d’une langue unique – « fondamentale » – et cela d’une façon peut-être inédite. Il nous permet ainsi, en pensant l’articulation de ces différentes modalités d’écritures, qui sont autant de tentatives pour loger la jouissance, la traiter, d’aborder ce qu’il en serait du « faire œuvre » pour un sujet. Le « faire œuvre » est l’engagement dans un processus « in-tensionnel » de création, indépendamment de son issue, mais déjà adressé. De quelle manière, pour Antonin Artaud, James Joyce, Gunther Von Hagens, Gil Joseph Wolman, Kurt Schwitters et d’autres, cette réponse inaugurale constitue-t-elle une adresse à l’Autre ? Selon la pensée de Lacan, le sujet se confronte au Réel en tant qu’impossible, à « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire ». Or, lorsqu’un art privé est reçu par « les autres », au moins un autre, cette contingence fait de la rencontre avec le Réel ce qui « cesse de ne pas s’écrire ». L’œuvre a aussi la capacité d’engendrer, d’accéder à une forme de représentation et elle se considère dès lors sur le plan morphologique. Est-elle un lieu d’émergence logique à même de pallier le ravage de la lalangue et de soutenir face au déferlement de jouissance le sujet à advenir ? La mise en forme, infinie, et le rythme façonnent le corps dont l’empreinte est donnée de manière toujours singulière par la signature de l’œuvre. Ce processus peut être efficient jusqu’à ce que le sujet se fasse un nom, mais lorsque cette question est en suspens, elle donne lieu à une trajectoire faite d’autant de nouages, dénouages, ratages et recommencements dont ce colloque propose de suivre la trace.

Vendredi : Amphi 1A, Halle aux farines

Samedi : Amphi Buffon

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